Road-trip Damaraland et Kaokoland : Palmwag, Hoanib, Purros, Van Zyl, Marienfluss

La partie nord du désert du Namib, située au nord-ouest de la Namibie dans le Damaraland et le Kaokoland, représente la partie la plus sauvage du pays. Ici, à part sur la partie côtière, pas de parc national ni de réserve privée où l’Homme quadrille le terrain pour protéger la faune et « l’offrir » aux touristes de passage. Il existe certainement encore peu de zone au monde dans laquelle on peut se targuer de se déplacer au beau milieu d’un environnement quasi-totalement vierge (si l’on fait abstraction des traces de 4X4 tout de même !). L’intérêt majeur quand on y voyage sont les bivouacs magiques et la splendeur des paysages, combiné à un réel sentiment d’isolement.

 

Mais Etosha se trouve bien loin, et les opportunités de croiser la route d’un lion ou d’un rhinocéros noir se révèle par conséquent plus minces qu’au sein du célèbre parc national. Environnement très aride, moins de moyens pour protéger les animaux, absence de clôture, espaces immenses… Autant de paramètres qui rendent l’observation de la faune aléatoire. Cependant, oryx, springboks, ou encore éléphants du désert sont bien présents, ce qui rend les opportunités photographiques animalières relativement régulières, voire époustouflantes au regard des décors sublimes de la région. De plus, quel plaisir de profiter souvent seul de ces instants !

La concession de Palmwag et la Mudorib

Passé le poste de contrôle, la concession de Palmwag s’offre à nous et l’aventure commence. Cette immense zone s’étend dans le nord-ouest du plateau d’Etendeka. Formée de montagnes tabulaires de basalte rouge, la concession est gérée par le lodge de Palmwag mais l’espace ne peut pas être plus sauvage. Girafes et oryx sont au rendez-vous, contrairement aux rhinocéros noirs qui laissent pourtant de nombreuses traces (excréments, trous). Plus on avance vers le nord, plus le relief s’aplanit, jusqu’à sortir du plateau basaltique pour entrer très vite dans la vallée de la Mudorib, l’un des affluents de la grande Hoanib.

 

En terme de paysage, plus rien à voir ! Les couches géologiques plus anciennes sont entaillées par un réseau de multiples petites vallées et ravines qui dessine un labyrinthe de toute beauté. En fin d’après-midi, une fois le bivouac monté, les petites randonnées permettent de nous rendre compte que ces zones sèches et loin de tout renferment une faune bien variée. Traces et excréments de hyènes, léopards, zèbres de Hartmann (et j’en passe) témoignent d’une activité qui pour l’instant échappe à notre vue.

La Hoanib

L’arrivée dans le lit de la rivière éphémère Hoanib, à sec la majorité de l’année, signifie encore une grande variation de paysage. Les cours d’eau souterrains alimentent une flore « exubérante » pour la région. Les immenses faidherbia albida, les acacias erioloba, les arbres à moutarde et autres végétaux représentent des ressources alimentaires primordiales pour les animaux du désert. De belles rencontres avec des éléphants du désert, la vision furtive la nuit d’une hyène tachetée, des empreintes de guépard… Mais les fameux lions du désert habitant la Hoanib resteront introuvables. Ces dernières années, l’extermination méthodique perpétrée par les éleveurs en amont réduit drastiquement cette population extraordinaire adaptée au désert. Vous pouvez par ailleurs suivre les derniers évènements de ce conflit homme/lion sur l’excellent site de desertlion qui leur est consacré. Espérons que les intentions et les dispositifs mis en place actuellement par les conservancies, les associations locales et le MET (Ministère de l’Environnement et du Tourisme) permettent à ces lions de ne plus s’approcher trop près des villages et ainsi de baisser leur mortalité.

 

Canyon de la Hoarusib, Purros et vallée d'Obias

Après cette exploration de la Hoanib, nous prenons la très belle piste plein nord qui mène vers le canyon d’une autre grande rivière éphémère, la Hoarusib. Nous traversons un plateau aride et un univers qui évoque Mars ; puis la descente vers l’oasis de la Hoarusib amène une variation bienvenue. Plus escarpée, plus verte (grâce aux nombreuses résurgences) que la Hoanib, la partie aval de cette vallée se révèle extrêmement belle. Par contre, en ce qui concerne la vie sauvage, elle ne tient pas la comparaison avec la concession de Palmwag et la Hoanib. Excepté quelques éléphants du désert, peu de faune sauvage se risque encore ici, la place étant prise par le bétail des communautés locales. Notre incursion y est donc rapide. A la sortie des gorges, nous nous posons à l’excellent camp communautaire de Purros, parsemé de traces fraîches d’éléphant. Nous arrivons heureusement 24h après qu’un troupeau est investit les lieux !

 

Le lendemain, après avoir traversés quelques jolis villages hereros le long de la D3707, nous choisissons de redescendre vers le sud en direction de la Hoanib par la vallée d’Obias. Bon choix ! Très peu parcourue, elle n’en est pas moins splendide et sans rappeler la vallée de Marienfluss. Une nuit au bivouac d’Elephant Song qui domine l’entrée dans les gorges de la Hoanib, puis nous gagnons Opuwo pour le ravitaillement.

 

En effet, après 6 jours et 5 nuits de « Wild », il est grand temps de parcourir les allées des supermarchés de la capitale du Kaokoland, en compagnie des Hereros, Ovambos, Himbas, Zimbas qui constituent la mosaïque ethnique de la ville. Plein d’essence, bidons d’eau, légumes, pâtes (sans oublier les indispensables bières fraîches et le mythique Amarula) et autres marchandises débordent désormais des frigos et des espaces de rangement de nos deux 4X4.

 

Col du Van Zyl et vallée de Marienfluss

La journée qui s’en suit restera comme l’une des plus marquantes du périple : le passage du redoutable col du Van Zyl. Evidemment la partie très technique et impressionnante de quelques dizaines de mètres accapare tous les commentaires sur internet. Mais ce sont bien 2 à 3h de conduite très attentionnée qui sont nécessaires pour éviter l’accident ou le pépin technique et franchir l’extrémité ouest du haut plateau central pour basculer dans le Namib. On ne fait que monter, descendre à travers les montagnes schisteuses qui rougissent à notre passage en fin de journée. Mémorable donc, autant pour la conduite que pour l’ambiance réellement magique de ce coin de pays Himba.

 

Et si l’on passe le Van Zyl, c’est aussi et surtout en premier lieu pour aller découvrir la vallée de Marienfluss. Cette vallée très large, couverte de graminées et parsemée de villages Himba, descend en pente douce vers la Kunene, l’un des 2 cours d’eau (avec l’Orange au sud) en Namibie à se jeter dans l’Atlantique tout au long de l’année. Au bout de cette vallée, au bout du pays (la Kunene constitue la frontière avec l’Angola), on comprend vite que le détour vaut le coup d’œil. Quel spectacle ! D’abord de l’eau qui coule, ce n’est pas commun en Namibie. Puis des montagnes sèches abruptes plongeant dans le fleuve, des gorges très resserrées et constituées des plus vieilles roches du continent, les crocodiles (pourtant invisibles ce jour-là) peuplant les lieux, les « touffes » de végétation contrastant avec la roche nue, la communauté vaquant à ces occupations… Le tableau colle parfaitement à nos représentations bien occidentales « d’Afrique originelle ».

 

Retour sur Opuwo par la Hoarusib

Le retour vers Opuwo se fait plus au sud que le Van Zyl. Quelques nouveaux passages techniques pour gagner le Marble Camp, puis le lendemain nous prenons la D3707 pour longer une partie très esthétique de la Hoarusib, au nord-est de Purros, cernée par des massifs plissés aux multiples strates de différentes couleurs. En douceur, nous remontons sur le vaste haut plateau qui occupe le centre pour retrouver une Namibie plus habitée et plus aménagée. La route goudronnée qui descend à Windhoek nous paraît une piste d’atterrissage et nos 4X4 des Airbus après une dizaine de jours de pistes chaotiques. Mais attention, c’est justement sur ces routes que la mortalité est la plus élevée ! Vigilance, et pas plus de 120 km/h !

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